MONTRÉAL, le 10 juin 2013 /CNW Telbec/ –

Mme Marois,

Tant que la totalité de nos patients en fin de vie n’aura pas accès aux soins palliatifs dont ils ont grand besoin, il est tout à fait absurde et mal venu pour le gouvernement de leur proposer l’euthanasie comme solution « palliative » à proprement parler. C’est sauter une étape cruciale que de parler de l’euthanasie avant même que les soins palliatifs ne soient disponibles à tous ceux dont l’état de santé l’exige. Il faut également tenir compte du fait que, dans la grande majorité des cas, nos patients en fin de vie préfèrent vivre leurs derniers jours, chez eux, entourés de leur famille, ce qui sous-entend qu’ils puissent avoir accès à des services adéquats sans risquer de devenir un fardeau pour leurs proches.

À l’heure actuelle, seulement 20 pour cent des patients québécois en fin de vie ont accès à de tels soins palliatifs. Autrement dit, les 80 pour cent restants – qui ont tout autant besoin de soins que la minorité chanceuse – se trouvent quant à eux pris en otage. Ils se verront choisir la
mort précoce plutôt que de vivre leurs derniers jours dans la souffrance à domicile ou à l’hôpital, sans soutien et sans contrôle adéquat de leur douleur.

À maintes reprises par le passé, le vérificateur général a soulevé l’insuffisance des soins à domicile et, en dépit de cela, des années de promesses vides (par l’un ou l’autre gouvernement en place) se sont succédées. Préoccupé par la réduction du déficit à tout crin, notre gouvernement va-t-il réellement dépenser les ressources suffisantes afin de s’assurer que les patients en phase terminale disposent des soins nécessaires?

Chose certaine, nous trépasserons tous un jour ou l’autre. Faisons en sorte de traiter nos patients en toute dignité avec le respect de la vie comme guide et de la façon dont nous aimerions quitter ce monde. Laissons de côté l’euthanasie, qui n’est pas une panacée, au profit de la mise en place de vrais soins palliatifs pour nos concitoyens qui en ont besoin. Ainsi, nous vous demandons de ne pas proposer ce projet de loi. Nous souhaitons que vous soyez reconnue comme la première ministre ayant eu la sagesse de faire la promotion de la vie et non de la mort.